Sponsoring du maillot du Barça, Ben Arfa au PSG : pourquoi la "diplomatie sportive" du Qatar a encore de beaux jours devant elle

lundi, 25 juillet 2016 12:00

psgCredit : Website Deux évènements ont, ces dernières semaines, donné une claire indication sur l’ampleur de la volonté des autorités du Qatar de continuer à faire du sport l’un des leviers majeurs de sa diplomatie du rayonnement. L’un du côté de la France, le second en Espagne.

Le sport est la continuité de la géopolitique

Il faut d’abord rappeler l’un des piliers de compréhension qui permet de saisir en quoi le sport revêt une importance cruciale pour les autorités qatariennes. Dans un monde globalisé où la puissance dépend en partie des médias et de la force du rayonnement, le sport constitue une continuation de la géopolitique. Il est en effet de plus en plus évident que les grandes compétitions sont l’occasion, pour le pays organisateur, d’exhiber sa puissance à la face du monde. Cette donnée est essentielle pour donner du sens au dynamisme qatarien sur le terrain du sport. Le dernier Euro organisé en France et qui a attiré plusieurs milliards de téléspectateurs (en audience cumulée) est une preuve manifeste de cette réalité.

Un objectif central : la Ligue des champions

Dans ce cadre, la « diplomatie sportive » qui est née dans les esprits des élites qatariennes à la fin des années 1990 et a débuté sa mise en pratique au début de la décennie suivante a longtemps bénéficié d’une ligne budgétaire illimitée. Elle a connu son heure de gloire en décembre 2010 avec l’attribution par la FIFA du Mondial 2022. Mais l’heure n’est plus aujourd’hui à « fêter » ces victoires mais est au fait d’assumer ce rôle de puissance mondiale du sport. Le Qatar a besoin à la fois de crédibilité sportive et d’atténuer les lancinantes critiques qui le visent, notamment à l’endroit de la condition des ouvriers qui construisent les colossales infrastructures qui font du pays un chantier à ciel ouvert.

Dans ce cadre, le PSG est considéré comme la vitrine de la politique étatique. Argument marketing, c’est aussi un faire valoir pour justifier de la solidité du projet national. Dit autrement, le Qatar a besoin que le PSG engrange des titres pour faire de lui une authentique nation footballistique et lui construire une réputation mondiale. Mais si le club parisien a réussi des exploits dans le championnat national (avec les trophées à répétition qu’il gagne depuis 2012), il n’en est pas de même pour le circuit majeur de la planète football que constitue la Ligue des Champions.

C’est le but central que s’est fixé le PSG dans les deux années à venir. Il faut absolument remporter ce titre qui passe sous le nez de la formation parisienne depuis quatre ans. Pour réussir là où Zlatan Ibrahimovic a échoué, l’effectif de la capitale s’est doté d’une nouvelle star. C’est dans ce cadre qu’il faut envisager la venue d’Hatem Ben Arfa considéré comme l’un des joueurs les plus prometteurs de sa génération. Avec lui et doté d’un banc renouvelé (le remplacement de Laurent Blanc est à placer dans cette configuration), le PSG espère atteindre dans les plus brefs délais cet objectif. D’autant que celui qui est considéré comme le joueur français au plus grand potentiel rejoint un vestiaire très élevé : avec les prodiges Angel Di Maria, Lucas, Matuidi, Pastore et autre Cavani, le club de la capitale pense avoir les atouts suffisants pour remporter la "Coupe aux grandes oreilles" et intégrer le club très fermé des légendes du football. 

Le sponsoring avec le Barça et la nouvelle doctrine qatarienne

Du côté du FC Barcelone, après un long roman où les différents protagonistes ont soufflé le chaud et le froid, l’accord de sponsoring a été signé il y a quelques jours. Prolongeant le « deal » entre la compagnie aérienne et le club mythique de la Catalogne signé en 2013, le contrat stipule la reconduite des mêmes conditions. Au grand dam du Barça qui espérait doubler la mise avec une rémunération de l’ordre de 60 millions par an, Qatar Airways ne déboursera « que » la bagatelle de 33,5 millions d’euros pour une saison supplémentaire. Redoutables négociateurs, les Qatariens ont su faire durer les discussions et laisser la direction du club espagnol traiter avec d’autres concurrents. Mais le géant américain Amazon, un temps intéressé, n’y trouvant pas son compte, le club a été obligé de revenir vers son ancien partenaire et se plier à ses exigences. Cet épisode résume à lui seul le nouveau paradigme à l’aune duquel il faut désormais envisager la stratégie du Qatar. Même si l’émirat est prêt à dépenser des sommes conséquentes pour satisfaire ses ambitions, il n’est pas prêt à « jeter l’argent par les fenêtres ». Le PSG est également là pour illustrer cette évolution ; après l’interruption du contrat avec Laurent Blanc, le club a dû débourser pas moins de 22 millions d’euros de dédommagements. Conséquence : le reste du staff parisien a été privé de primes d’intéressement. Ce n’est pas encore la rigueur mais l’heure n’est plus au gaspillage. 

 

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