La réforme du Conseil de sécurité de l'ONU au menu de discussions à Doha

lundi, 30 janvier 2017 21:14

qatarONUCredit : http://qatarconferences.org/Une réunion internationale sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies (CS) s’est clôturée le 15 janvier dernier dans la capitale qatarie. Elle s’est tenue en présence du ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohamed ben Abdulrahman al-Thani et du ministre d'Etat des Affaires étrangères, Soltan ben Saad al-Muraikhi. Des diplomates et experts provenant de trente pays ont également pris part aux différents débats.

 

Une réunion organisée les 14 et 15 janvier sur la réforme du Conseil de sécurité s'est déroulée à Doha sous l’égide du ministère qatari des Affaires étrangères. Une trentaine de représentants d'Etats membres de l’organisation onusienne ont participé à cette réunion, y compris le Président de l’Assemblée Générale, Peter Thomson.

Le Qatar actif sur la réforme du Conseil de sécurité

Dans son discours prononcé lors de la séance de clôture, le Ministre d'Etat aux Affaires étrangères Soltan ben Saad al-Muraikhi a exprimé « l'engagement du Qatar à poursuivre la coopération avec les Nations Unies et les Etats membres pour relever les défis communs » en soulignant que « Doha a été une plate-forme importante de plusieurs conférences internationales onusiennes ». Il a précisé que « nous sommes très satisfaits de la conclusion de ces discussions, car nous avons vu la franchise et la clarté des positions et des points de vue des différents participants». Précisant la portée de l’événemental-Muraikhi a ajouté que « la réforme ne peut être réalisée qu'en apportant une plus grande transparence aux travaux du Conseil de sécurité et en augmentant le nombre de ses membres ». Des débats sur cinq tables rondes se sont succédés : les catégories des membres, le droit de véto, la dimension de l’élargissement, les méthodes de travail et la relation avec l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Malgré la sensibilité et la complexité des questions discutées, les participants ont convergé sur l’urgence de réformer les mécanismes de résolution des conflits qui constitue le cœur de la mission de l’ONU. Au cœur des échanges, l’idée que le Conseil de sécurité, dans sa configuration actuelle, n’est plus en mesure de s’acquitter de ses responsabilités. L’augmentation du nombres de zones de conflit, la hausse des populismes et le niveau élevé de défiance populaire à l’égard d'institutions traditionnelles doit pousser les puissants de ce monde à entendre l’appel grandissant des Etats qui estiment que le schéma onusien post-Seconde guerre mondiale est dépassé. Si la paix doit être abordée au sens maximaliste du terme, elle doit inclure tous les aspects nécessaires au développement et viser le renforcement de l'éducation, des droits de l’homme, la relance économique et l'intégration politique et économique des jeunes générations.

Le droit de véto : principal problème de blocage

Le Conseil de sécurité des Nations Unies représente l’organe exécutif de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui, conformément à la Charte des Nations Unies, est le principal responsable du maintien de la paix et de la sécurité internationales. En 1946, il était composé de onze membres. Cinq permanents : la France, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni et six membres non-permanents. Les cinq membres permanents ont le droit de  véto, ce qui a souvent bloqué l’adoption de résolutions et pris en otage l’ensemble de la machine onusienne notamment pendant la Guerre froide. En 1963, la Charte a été amendée pour permettre l’élargissement de l’organe exécutif par l’augmentation du nombre des membres non permanents de six à dix. Le Conseil est donc actuellement composé de quinze membres, cinq permanents et dix non-permanents élus par l’Assemblée Générale pour un mandat de deux ans. Ces derniers ne disposent pas du droit de véto ce qui rend leur influence bien moindre que celle des "cinq grands".

Le principal point d’achoppement aujourd’hui concerne l’élargissement du nombre de membres du CS mais aussi la nécessité d’une révision du processus de décision afin d’accorder la distribution des responsabilités avec le poids politique, démographique et économique des puissances émergentes qui jouent aujourd’hui un rôle déterminant dans le concert des nations. Les tenants de la réforme mettent en avant que le monde d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec celui de 1945 et qu’il est urgent de repenser les modalités de fonctionnement d’une institution à bout de souffle. Ces dernières années, la multiplication des crimes impunis de Gaza à Alep et de la Birmanie au sort tragique des réfugiés qui meurent par milliers dans la Méditerranée ont suscité de vives réactions sur l’apathie du CS dans son échec à intervenir sur des situations qui se soldent souvent par des dizaines de milliers de victimes.  Lors de la vague de répression commise sur les civils syriens par les forces du régime et ses alliés, le secrétaire général d'Amnesty International  Salil Shetty avait déclaré en 2012 suite au véto russe qu' « il doit y avoir un moyen qui, lorsqu'il s'agit d'abus de droits de l'homme à l'échelle dont nous parlons, rend l'utilisation du droit de veto tout simplement inacceptable. »

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