Les dessous du Qatar-bashing du "Telegraph" dévoilés‏

vendredi, 03 juillet 2015 15:51
the thelegraphCredit : WebsiteUne partie des dessous du Qatar-bashing semble se dévoiler Outre-Manche. En effet, on apprend qu'une campagne lancée par le journal britannique « The Telegraph » contre le Qatar ayant duré deux mois a coïncidé avec une bataille immobilière entre les propriétaires du journal et l’émirat. C’est ce que révèle une minutieuse enquête du journal en ligne « Middle East Eye » dont nous vous proposons quelques extraits.
 
 
Depuis quelques années, le Qatar est à la Une des médias. Le dynamisme du petit émirat a suscité beaucoup de curiosités. La revers de médaille de cette soudaine exposition a été la campagne de diabolisation dont a fait l'objet le pays. Lancée il y a quelques années, celle-ci nommée également "Qatar-bashing" fonctionne à plein régime dans certains pays comme la France ou le Royaume-Uni.
 
Le Qatar-bashing du Telegraph : l'histoire d'un conflit immobilier
 
On ne reviendra pas dans le détail sur ce phénomène en France pour lequel L'Observatoire du Qatar a consacré plusieurs analyses. Par contre, c'est au Royaume-Uni que les regards se tournent aujourd'hui. Dans un long article du site "Middle East Eye", on apprend qu'un des journaux britanniques les plus offensifs contre Doha aurait mené sa charge au moment même où le propriétaire du journal était en conflit immobilier avec une personne de la famille royale de l'émirat... Confusion des genres, conflit d'intérêts, enquêtes à charge téléguidés, règlements de compte pour salir l'image du pays ? Toujours est-il que l'article donne des éléments factuels très intéressants, voire même compromettants pour l'intégrité intellectuelle du célèbre quotidien "The Telegraph". Extraits : 
"Entre le 20 septembre et le 16 novembre, le Telegraph a publié 34 articles dont 8 articles de une et 4 éditoriaux qui contenaient tous de vastes accusations selon lesquelles le Qatar serait intimement lié au financement de groupes terroristes, notamment l’Etat islamique.
Les articles décrivaient l’Etat du Golfe comme un « Club Med pour terroristes », affirmaient que les clients du grand magasin Harrods de Londres, appartenant au Qatar, « investissent dans la terreur », et comprenaient des appels pour que le Royaume-Uni « rompe les liens commerciaux » avec Doha au nom de liens supposés avec le groupe Etat islamique." Plus loin, on peut lire : "La campagne a coïncidé avec une visite d’Etat de l’Emir qatari Cheikh Tamim ben Hamad ben Khalifa al-Thani au Royaume-Uni, et l’objectif de ces articles, a déclaré le Telegraph, était de faire pression sur le Premier ministre britannique David Cameron afin qu’il agisse contre ce supposé militantisme financier au Moyen-Orient. Tandis que les accusations du Telegraph contre le Qatar ont été reprises de manière répandue dans de nombreux autres journaux, sa campagne « Stop the funding of terror » a attiré l’attention du magazine satirique Private Eye. Le Private Eye a affirmé que la campagne n’était pas une manœuvre journalistique bénigne, mais bien le résultat d’une influence éditoriale directe émanant des hautes sphères du Telegraph Media Group (TMG)."
 
La presse britannique habituée à s'en prendre au Qatar?
 
Ce n'est pas la première fois que la presse britannique est ainsi épinglée pour sa propension à régler ses comptes par enquêtes interposées. Dans un article du Huffington Post, l'économiste Pascal Perri mettait déjà en doute le sérieux des attaques de certains tabloïds anglais qui souhaitaient retirer au Qatar le Mondial 2022. En toile de fond, c'était l'aversion de certains acteurs Outre-Manche envers Michel Platini qui expliquait cette démarche de confrontation. Pascal Péri écrivait même dans un entretien que "la presse anglaise mène une campagne de long terme contre Michel Platini. Le Daily Mail en est le meilleur exemple. Son chroniqueur vedette Martin Samuel a pris Platini pour cible. Les Anglais pensaient qu’ils allaient gagner à tous les coups. Après les Jeux Olympiques, ils se voyaient bien organiser le Mondial 2018."
Nous le répétons ici : le Qatar a bien un envers du décor qu'il faut savoir dénoncer. De la condition lamentable des ouvriers au verrouillage du système politique, les griefs légitimes ne manquent pas. Mais entre la critique justifiée et les campagnes de presse qui répondent à des agendas inavoués, il n'y a pas un pas mais un gouffre. Il est donc important de faire la part des choses et ne pas se laisser berner par des accusations que l'on prendrait comme argent comptant. Sur le Qatar comme sur bien d'autres sujets la vigilance s'impose. 
 

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