Nabil Ennasri

Nabil Ennasri

Mohammad bin Salman Al SaudLa situation en Arabie Saoudite s’est brusquement tendue. Samedi 4 novembre, les autorités ont arrêté des dizaines de hautes personnalités dont des ministres et des princes de la famille royale. Décidé au plus haut sommet de l’Etat, ce tour de vis clôt une entreprise de monopolisation du pouvoir par un clan de la dynastie et annonce l’avènement d’une nouvelle ère pour le royaume wahhabite.

La liste des dignitaires mis à pied donne une idée de l’étendue du coup de filet opéré en une soirée. Parmi les plus hauts placés, on trouve d’abord d’éminents représentants de la famille royale comme Met’ab ibn Abdallah qui occupait le poste névralgique de chef de la Garde nationale, ou son frère Turki qui avait été gouverneur de la province de Riyad.

fauconLe Parisien week end a consacré une longue enquête sur l'opération de libération d'otages qataris conclue en avril 2017. Ces derniers, dont une bonne partie était membre de la famille royale, avaient été kidnappés en décembre 2015 dans le sud de l'Irak. Leur prise en otage avait suscité un vif émoi dans l'émirat et plus généralement dans le Golfe.

Plusieurs analystes dont Karim Emile Bitar et Nabil Ennasri reviennent sur cet épisode dans cette enquête que vous pouvez lire à ce lien : 

http://www.leparisien.fr/week-end/en-2015-des-qataris-partis-lacher-leurs-faucons-en-irak-ont-ete-pris-au-piege-25-10-2017-7354659.php

maxresdefaultOlivier Da Lage est journaliste et rédacteur en chef à RFI. C'est aussi l'un des meilleurs spécialistes de la région du Golfe. En plus d'avoir séjourné dans cette contrée, il lui a consacré plusieurs ouvrages comme "Ces trente ans qui ébranlèrent le Golfe persique" (Éditions du Cygne, 2011) ou "Géopolitique de l'Arabie Saoudite" (Complexe, 2006). Pour bien saisir les enjeux qui traversent cette région en mouvement, nous vous conseillons de le suivre sur son compte Twitter : @odalage.

1) Quelle interprétation donnez-vous à la purge à laquelle nous assistons en Arabie Saoudite?

A l’évidence, on a assisté samedi à l’avant-dernier acte de la conquête du trône saoudien par Mohammed ben Salman (MBS). Ce jeune prince de 32 ans, fils aîné de la troisième épouse du roi Salman, était pratiquement inconnu jusqu’à la mort du roi Abdallah lorsqu’il n’était "que" le chef de cabinet de son père, gouverneur de Riyadh, puis vice-prince héritier, puis prince héritier. Une fonction cruciale puisque c’est MBS qui décidait qui pouvait voir son père, et quand.

5211073 6 5986 la commission qui a ordonne les 29bffe3c49d543d962afb1132794c3d0Samedi 4 novembre, l’Arabie Saoudite a vécu une mini-révolution de palais. Dernièrement propulsé au sommet de l’Etat, le jeune prince héritier a limogé des dizaines de hautes personnalités dans une opération « anti-corruption » inédite.

On connaissait l’impétueux Mohamed ben Salman déterminé à sortir son pays du conservatisme social, on découvre désormais le MBS (son surnom tiré de ses initiales) prêt à tout pour monopoliser les centres de pouvoir quitte à mettre en péril les fragiles équilibres au sein de la famille royale. Car ce qui se trame en Arabie Saoudite depuis samedi 4 novembre n’est, ni plus ni moins, qu’un coup de force destiné à liquider toute forme d’opposition en vue d’offrir au prince de trente-deux ans les pleins pouvoirs et de le hisser, dans un avenir relativement proche, à la tête de la couronne princière.

52917.HRCredit : L'HumanitéLe célèbre religieux bahreïni et militant des droits Maytham al-Salman est actuellement en visite à Paris. Démocrate convaincu, celui qui fait aussi partie du Comité des Nations Unies pour la prévention du génocide tire la sonnette d’alarme sur la situation dramatique des libertés fondamentales dans son pays.

C’est incontestablement l’un des visages de ce que beaucoup ont appelé « le printemps bahreïni ». Sillonnant les pays européens pour mettre la lumière sur la condition déplorable des prisonniers politiques dont il estime le nombre à plusieurs milliers (dont des centaines de femmes et d’enfants), Maytham al-Salman a donné plusieurs entretiens à la presse internationale ce jeudi 26 octobre à Paris. Animateur du Bahrein Center for Human Rights (BCHR), une organisation membre de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), l’homme vit en exil en attendant le retour à une certaine stabilité dans une monarchie qui a malheureusement pris ces dernières années un virage autoritaire alarmant.

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L’association « Les amis du Qatar en France » a organisé un événement au Parc André Citroen à Paris pour manifester sa volonté de soutenir les victimes civiles qui subissent de plein fouet les effets de l’embargo décrété il y a quelques mois contre le Qatar.

Quelques dizaines de personnes se sont ainsi rassemblées dans cette place de la capitale française. Leurs mots d’ordre étaient tous orientés vers une même exigence : la volonté de préserver la paix et la stabilité de la région, ce qui passe nécessairement par une baisse des tensions entre les émirats du Golfe.

000 TO2UBCredit : AFPLe maréchal Abdel Fettah al-Sissi effectue en ce moment une visite officielle en France. Déjà reçu par Emmanuel Macron, il a des entretiens prévus avec les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Même s’il est logique que la France traite avec l’ensemble des pays du monde, la situation tragique des droits de l’homme en Egypte pose tout de même de sérieuses questions quant au sens de ce déplacement. 

Le déjeuner de travail qu’a offert le président français à son homologue devait permettre, selon les termes de l’Elysée, « d'évoquer les sujets d'intérêts communs comme les crises régionales et la lutte contre le terrorisme, mais également la situation des droits de l'homme à laquelle la France est particulièrement attentive ». On aimerait croire le communiqué de la présidence française mais tout porte à croire que la question des libertés risque d’être le parent pauvre du voyage d’un chef d’Etat qui est arrivé au pouvoir suite à un coup d’Etat militaire.

audrey azoulay unescoLe récent scrutin pour la désignation du nouveau directeur général de l’UNESCO n’a pas fait qu’étaler la profondeur du clivage interarabe. Avec le choix d’une diplomate française, l’idée d’une forme de monopole des hautes fonctions internationales d'une certaine élite sort renforcée.

À ceux qui appelaient de leurs voeux une réforme des grandes institutions internationales, la nouvelle élection à la direction de l’UNESCO n’offre malheureusement pas un motif de satisfaction. Marginalisé depuis des décennies, le monde arabe attendait en effet son tour et, dans les couloirs de l’organisation, le sentiment général était qu’après le double mandat de la Bulgare Irina Bokova, le poste ne pouvait revenir, pour un troisième mandat, à un représentant du continent européen.

303c44f2 d923 42f6 84da 94280d4bc09bCredit : al-RayaC’est un événement suffisamment rare pour s’en faire l’écho. Le Comité national des droits de l’homme du Qatar (CNDDH) a inauguré à Madrid une exposition sur les droits de l’homme dans la culture musulmane. Agrémentée d’une vingtaine de tableaux, l’initiative répond à un besoin de mettre en valeur les dénominateurs communs des différentes civilisations qui composent l’humanité. 

Droits de l’homme et islam. Deux termes qui parfois s’opposent dans l’imaginaire de certains mais dont on sous-estime le lien et la filiation. C’est pour combler ce déficit de compréhension qu’a vu le jour l’activité lancée dans la capitale espagnole ce vendredi 20 octobre. En présence de nombreux ambassadeurs de pays arabes, la manifestation culturelle a souhaité mettre à l’honneur la contribution de l’éthique islamique dans l’éclosion, à travers l’histoire, de la préoccupation de la défense des droits humains.

170627123132 01 tillerson al thani file exlarge 169Dans un entretien à l'agence Bloomberg, Rex Tillerson a reproché aux pays du Golfe de poursuivre l'embargo du Qatar. Cette sortie du responsable américain démontre l'agacement d'une grande partie de l'administration américaine dans la crise qui secoue les États de la région.

Alors que le conflit dans le Golfe va bientôt entamer son cinquième mois, l'administration américaine monte au créneau. Dans un entretien remarqué à l'agence spécialisée dans les questions économiques Bloomberg, le chef du Département d'État a fait des déclarations qui tranchent avec le langage diplomatique.

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