Nabil Ennasri

Nabil Ennasri

samedi, 14 juillet 2018 18:38

Buffon au PSG : un pari risqué?

al khelaifi buffon psg 1ovdgnb6oaamv1r6a3optqdf4pAprès plusieurs semaines de tractations, l’officialisation de l’arrivée de Gianluigi Buffon au Paris Saint Germain a été actée vendredi 6 juillet 2018. La légende italienne s’est engagée avec le champion de France jusqu’en 2019, avec en option une année supplémentaire.

En acceptant de revêtir la tunique du PSG, Gianluigi Buffon devient le 437ème joueur de l’histoire du club depuis sa création en 1970. A 40 ans, le Transalpin va connaitre sa première expérience à l’étranger après avoir débuté sous les couleurs de Parme (1995-2001), puis s’être durablement installé à la Juventus (2001-2018).

al khelaifiCredit : PSGTrois jours après avoir officialisé la signature de Gianluigi Buffon, le Paris Saint-Germain (PSG) a organisé, ce lundi, une conférence de presse de présentation du gardien italien. Précédé par Nasser al-Khelaïfi qui a confié qu’il avait « toujours pressenti qu’il allait venir à Paris », le champion du monde 2006 a déclaré, en français, qu’il « était très excité par cette nouvelle aventure ». L'Observatoire du Qatar a couvert l'évènement et vous propose la restitution des propos du légendaire portier. 

A quand remontent les premiers contacts avec le PSG?

Gianluigi Buffon : Cela a débuté en mai. Cela a été une surprise. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié. Je commençais à planifier un avenir différent. J’ai toujours eu une ambition et l’espoir que quelque chose arrive. Je sentais que j’avais encore en moi des choses à donner. La vie est imprévisible !

1112704 prodlibe mohammed vi et mohammed bin salman bin abdulaziz al saoud a l elyseeLe journal Libération a publié une tribune sur l'Arabie Saoudite signée par trois personnalités dont le directeur de L'Observatoire du Qatar. Ils y dénoncent le manque de clairvoyance de certaines élites françaises sur la prétendue "révolution" qu'entreprendrait le nouveau pouvoir saoudien à l'heure de l'effroyable guerre au Yémen et du durcissement autoritaire à l'oeuvre au sein de la monarchie notamment vis-à-vis des militantes féministes. Cette contribution paraît au lendemain de la réunion en trompe l'oeil tenue à Paris et voulue par l'Elysée et Riyad sur la situation humanitaire au Yémen. 

Extrait de la tribune : "Sur le plan régional enfin, est-il utile de rappeler que le régime joue un rôle moteur dans la déstabilisation d’une grande partie du Moyen-Orient ? Le soutien aux groupes islamistes en Syrie commence à se tarir. Mais à Bahreïn, ce sont ses troupes d’occupation qui, depuis sept ans, maintiennent à bout de bras la monarchie sunnite des al-Khalifa qui a failli être renversée par un mouvement populaire exigeant plus de justice sociale. Depuis, la majeure partie de la population de l’archipel vit sous la loi martiale avec arrestations arbitraires, interdiction des partis politiques, blocus total contre les villages «dissidents» et déchéance de nationalité au quotidien… Au Yémen, guerre voulue et déclenchée par MBS alors qu’il était ministre de la Défense, le massacre se poursuit en silence et le pays, après une épidémie de choléra, est menacé par la famine. La situation ne fait aujourd’hui qu’empirer avec l’assaut violent ordonné il y a quelques jours par les troupes saoudiennes et émiriennes sur le port d’al-Hodeida par lequel arrive la majeure partie des importations et de l’aide internationale."

Pour lire l'intégralité de la tribune, c'est à ce lien : http://www.liberation.fr/debats/2018/06/28/arabie-saoudite-une-dictature-acceptable_1662569 

sultan qaboos sheikh khalifaLe discret Sultanat d’Oman monte au créneau face aux provocations des Emirats arabes unis suite à l’affichage, en janvier dernier par le musée du Louvre d’Abou Dhabi, d’une carte litigieuse. Celle-ci, accrochée dans la partie du musée réservée aux enfants, avait présenté la région omanaise de Musandam comme appartenant au territoire émirien. Depuis, les Omanais ont pris une série de mesures de rétorsion à l’encontre de leur turbulent voisin.

L’épisode du musée du Louvre qui avait fait grand bruit dans la presse internationale il y a quelques mois n’a pas encore fini de faire parler de lui. Considéré par de nombreux internautes comme sciemment prémédité, ce révisionnisme géographique semble avoir fait sortir de ses gonds un acteur majeur de la médiation dans la région du Golfe.

maxresdefaultOlivier Da Lage is the Editor-in-Chief of the radio station RFI. Considered one of the best experts in the Gulf region where he lived for three years (more precisely in Bahrain), he is the author of several books on the subject such as "Qatar, the new masters of the game", (collective work), Demopolis, 2013, "Thirty years that shook the Persian Gulf, Éditions du Cygne, 2011" and "Geopolitics of Saudi Arabia”, 2nd edition, Complexe, Brussels, 2006. He is also a specialist in India and has just published "India, Desire for Power", Armand Colin, 2017. He agreed to answer questions for L’Observatoire du Qatar.

You said last Monday evening at the conference on the crisis in the Gulf held in the French Institute for International and Strategic Affairs (IRIS), Paris, that the withdrawal of the United States from the Iran nuclear deal was responding to a "plot". Could you clarify your own position on that?

Even a successful plot, I would say, which had been implemented by the coalition formed by Israel, Saudi Arabia and the United Arab Emirates. Saudi Arabia had discovered very late the existence of secret negotiations between Iran and the Obama administration extending over many months in the Sultanate of Oman, without Riyadh having been informed.

pourquoi le Conseil de cooperation du Golfe CCG pourrait se briserOlivier Da Lage est rédacteur en chef à RFI. Considéré comme l'un des meilleurs connaisseurs de la région du Golfe où il a vécu trois années (Bahreïn), il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la question comme "Qatar, les nouveaux maîtres du jeu", (ouvrage collectif), Demopolis, 2013, "Ces trente ans qui ébranlèrent le golfe Persique, Éditions du Cygne, 2011" et "Géopolitique de l'Arabie saoudite, 2e édition, Complexe, Bruxelles, 2006". Il est également spécialiste de l'Inde et il vient de publier "L'Inde, désir de puissance", Armand Colin, 2017. Il a accepté de répondre aux questions de L'Observatoire du Qatar. 

Vous disiez lundi soir lors d’une conférence sur la crise dans le Golfe organisée à l’IRIS que le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien répondait à un « complot ». Pourriez-vous préciser votre pensée ?

Et même un complot qui a réussi, mis en œuvre par la coalition formée par Israël, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. L’Arabie Saoudite avait très tardivement découvert l’existence de négociations secrètes entre l’Iran et l’administration Obama s’étendant sur de nombreux mois au sultanat d’Oman, sans que Riyadh en ait été averti. Oman paie aujourd’hui encore le ressentiment saoudien d’avoir été tenu à l’écart d’une négociation que l’Arabie désapprouvait de toute façon.

1269949 NeymarÀ moins de dix jours du Mondial en Russie, beIN Sports monte au créneau contre une chaîne pirate, BeoutQ, qui retransmet illégalement tous ses programmes dans le monde arabe. Cet épisode traduit la prégnance d’une crise qui s’enlise entre les pays du Golfe.   

La tension qui traverse les pays du Golfe se joue également sur le terrain sportif. Dernière péripétie en date, l’attaque qui vise la chaîne qatarie beIN Sports dont le signal a été détourné par une chaîne pirate installée en Arabie Saoudite. Profitant de l’approche de la Coupe du monde de football, les auteurs du forfait ont souhaité sévir contre l’opérateur qui détient les droits exclusifs de retransmission du tournoi sur l’ensemble de la région MENA (Moyen-Orient Afrique du Nord).

IMG 20180531 WA0047Un an après l'éclatement de la crise autour du Qatar, une conférence-débat se tiendra au club de la presse européenne de Bruxelles. En présence de plusieurs spécialistes, l'évènement fera le point sur la situation dans la région du Golfe.
 
Présentation de la conférence-débat : "Un an après le début de la crise dans le Golfe : quel bilan pour la région et quelles perspectives de sortie de crise?"
 
La dernière en date des “crises du Golfe” est née de l’embargo imposé le 5 juin 2017  à l’émirat du Qatar par plusieurs de ses voisins. Elle va bientôt entrer dans sa deuxième année. Alors que nombre de défis régionaux, du bellicisme israélien à la poussée hégémonique de l’Iran, devraient les pousser à la cohésion, l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Bahreïn, suivis par l’Egypte, se sont efforcés, sans beaucoup de succès, de crédibiliser contre leur ancien partenaire qatari des accusations de “soutien au terrorisme”.
1790667 2018fwc cl POS CBG HÉclairages du directeur de l'Observatoire du Qatar pour le magazine "So Foot" sur l'acte de piraterie digital dont a été victime le groupe BeIN Sports par des hackers d'Arabie Saoudite.

Pour rependre l'expression du journal Le Monde, cet acte de piraterie relève d'une "opération de sabotage, d’une ampleur jamais vue dans l’histoire de la télévision".

MLP EGYPTEMardi 22 mai, Marine Le Pen a déroulé le tapis rouge à un obscur député égyptien. Derrière la volonté de dénoncer « l’islamisme radical », la main d’Abou Dhabi dont l’alliance avec le FN s’accélère.

Il s’appelle Abderrahim Ali et il commence à faire parler de lui dans les élites parisiennes. Mais si beaucoup restent méfiants et distants envers un homme dont la fidélité au régime putschiste du Caire ne fait aucun doute, sa présence mardi 22 mai dans un salon de l’Assemblée nationale reflète au grand jour la tentative des Emirats arabes unis d’en faire un agent d’influence auprès de l’opinion française. Quitte parfois à nouer des alliances plus que douteuses.

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