Une embellie économique pour le Qatar prévue pour 2018 ?

mercredi, 28 septembre 2016 19:30

augmentations salarialesCredit : HaouiUne étude de la Banque nationale du Qatar prédit une amélioration des fondamentaux de l’économie qatarienne pour 2018. Celle-ci devrait permettre d’atteindre un budget équilibré sous l’effet conjugué d’une remontée des cours du pétrole et de nouvelles mesures fiscales.

Après quatre années de difficultés dues à un cours du brut au plus bas, l’économie qatarienne devrait renouer avec un cercle vertueux dès 2018. C’est ce qui ressort d’un rapport publié il y a quelques jours par la Banque nationale du pays.

 

Une remontée attendue des cours du brut

Dans son étude, l’institution financière table sur une remontée progressive des cours de l’or noir dont dépend beaucoup le budget de l’État. Près des trois quarts des exportations du pays et l’essentiel de ses ressources sont concentrés dans l’exploitation des hydrocarbures. Pays pétrolier, le Qatar est surtout un exportateur de gaz qu’il vend à travers le monde sous différentes formes (Gaz naturel liquéfié – GNL, Gas to liquid – GTL etc). Si le sous-sol de l’émirat lui a permis d’engranger de vastes réserves financières au cours de la seconde moitié des années 2000 (de l’ordre de 200 milliards de dollars), la conjoncture s’est fortement assombrie ces derniers temps. Depuis mi-2014, les cours du brut ont chuté passant de plus de 100 dollars à moins de 30 dollars avant de se stabiliser à 45 dollars environ. Ce prix est loin de satisfaire les pays producteurs pour qui un montant autour de 80 dollars leur permettrait de sortir la tête de l’eau. Néanmoins, ces années de vache maigre ne devraient pas durer : certains économistes s’attendent à une remontée graduelle notamment grâce aux investissements massifs attendus de grands pays asiatiques qui stimuleront la demande mondiale en énergie.

En plus du regain espéré du marché pétrolier, le Qatar compte sur l’introduction d’une TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) de de 5%. Celle-ci qui est attendue pour 2018 fait suite à une série de mesures prises récemment qui attestent de la volonté des autorités de mettre à contribution les citoyens trop longtemps exonérés de contraintes fiscales. Ainsi, le pays a récemment augmenté le prix de l’essence et une nouvelle taxe a été adoptée à l’aéroport de Doha. L’ensemble de ce dispositif est destiné tant à renflouer les caisses qu’à donner le signal aux habitants que l’ère de l’abondance ('asr al-tafra en arabe) au cours duquel la redistribution de la rente pétrolière coulait à flot est bel et bien révolue. D’après certains spécialistes, l’introduction de cette fiscalité limitée permettra au budget de l’Etat de bénéficier d’une élévation des revenus publics d’environ 1% du PIB.

Les grands chantiers ne seront pas impactés

Si toutes ces décisions sont prises en temps et en heure, la Banque nationale du Qatar annonce que le « gouvernement devrait accuser un déficit représentant 5,3% du PIB en 2016 et 2,2% en 2017, avant de remonter à près de l'équilibre en 2018 ». Si le Qatar restera confronté au cours des deux prochains exercices à un déficit public qui alourdira sa dette, le gouvernement semble serein quant à sa capacité à surmonter ce virage difficile. Ainsi, même si, en 2015, le déficit s’élevait à 15 milliards de dollars (le premier en douze ans), les grands chantiers considérés comme stratégiques n’ont pas été freinés. Certes, le ralentissement est perceptible dans certains secteurs (notamment le BTP) et certains ministères ont dû se serrer la ceinture en réduisant leurs effectifs. Néanmoins, les projets liés à la Coupe du monde sont toujours sur les rails et preuve de la détermination de l’émirat à maintenir le cap, le pays va bientôt dépasser la barre des 2,5 millions d’habitants. Le flux continu de travailleurs étrangers est donc un indice de la vitalité économique d’un pays qui a encore besoin de main d’œuvre afin de satisfaire ses besoins en développement.

La baisse du prix du pétrole peut avoir un effet bénéfique inattendu. Depuis quinze ans, l’émirat s’est engagé dans une politique de diversification de son économie. En investissant dans la connaissance, en stimulant le tourisme et en faisant du Qatar un carrefour obligé sur la carte mondiale du sport, les autorités ont mis en place un contexte propice à un développement hors hydrocarbures. Même si le pays compte, d’après l’étude de la Banque nationale, des réserves en pétrole et en gaz exploitables respectivement sur 40 et 135 ans au rythme actuel d’extraction, la dépendance au cours du brut devrait accentuer les efforts pour ne plus dépendre des contingences d’un marché de plus en plus volatiles.

 

 

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