L’Algérie fournira le Qatar en produits agricoles pour faire face au blocus

mardi, 20 juin 2017 17:58

agriculture 842103 679x417 1Credit : Algérie EcoSuite à la décision de boycott de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Bahreïn et d’une série d’autres pays arabes et africains, le Qatar a été acculé à trouver des voies alternatives d’approvisionnement en matières premières et biens alimentaires. Outre la Turquie, l’Iran ou le Maroc, l’Algérie a décidé d’œuvrer pour soulager l’embargo infligé au petit émirat.

D’après la presse algérienne, le Qatar a quadruplé sa demande de produits maraîchers algériens depuis le 5 juin dernier, date du début de la crise dans le Golfe. Citant Djahid Zefzaf, président du groupe public Agro-logistique (ex-SGP Productions animales) qui exporte des produits agricoles pour Doha depuis 2016, le volume des exportations algériennes à destination de l'émirat est aujourd'hui exceptionnel, ce qui est de nature à satisfaire les producteurs du pays. « Il y a une augmentation de la demande. On a reçu des commandes pour 10 tonnes jour de produits maraîchers alors que durant la saison passée, la quantité était de 2,5 tonnes jour », a ainsi affirme M. Zefzaf.

Cet acheminement apparaît comme une forme de soutien politique indirect au Qatar. Alors que les autres monarchies du Golfe développent une posture d’intransigeance et font pression sur un maximum de pays de la région pour rompre leurs relations avec Doha et renforcer son isolement, l’attitude d’Alger apparaît comme un signal de désapprobation à un boycott qu’une grande partie de l’opinion algérienne réprouve. Même si le Qatar ne bénéficiait pas d’une bonne image depuis l’éclatement du « printemps arabe », la crise actuelle a suscité un vent de sympathie envers un pays qui subit un diktat d’autres Etats « frères » qui résonnent particulièrement mal en cette période de Ramadan.

Sur le volet diplomatique, le ministre d’Etat qatari aux Affaires étrangères, Soltan bin Saad Al-Muraikhi, a salué il y a quelques jours la position « honorable » de l'Algérie au sujet de la crise. En visite dans la capitale, il a rappelé qu’Alger avait été « le premier pays à avoir rendu public un communiqué pour appeler au dialogue » à l'issue de ses entretiens avec son homologue algérien, Abdelkader Messahel.

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