Le Qatar va construire sept cités pour 250.000 travailleurs immigrés

mercredi, 06 mai 2015 14:18

QatarcitesOuvriers à al-Wakrah, 4 mai 2015. Credit : AFP. « Le Qatar va construire sept « cités » pour loger plus de 250.000 immigrés chargés de construire les infrastructures du pays, dont celles en vue de la Coupe du monde de football en 2022 ». C’est en substance ce qu’a assuré, mardi 5 mai, le ministre du Travail et des Affaires sociales, Abdullah ben Saleh Mubarak Al Khulaifi. 

Le ministre a par ailleurs indiqué que les sept complexes seront achevés d’ici la fin de l’année 2016. La cité la plus grande aura une capacité d’accueil de 70.000 personnes et est également équipée d’un stade de cricket de 24.000 places. Elle accueillera ses premiers pensionnaires dans les prochaines semaines. Ce complexe est constitué de 55 bâtiments comprenant notamment un centre commercial, une clinique et la deuxième plus grande mosquée du Qatar.

Au total, 258.000 travailleurs, qui représentent 25% de la population ouvrière étrangère, vivront dans ces nouvelles cités réparties dans tout l’émirat. Cette annonce intervient dans un contexte où les critiques fusent de toute part sur la qualité des logements fournie par les autorités qataries aux nombreux travailleurs asiatiques.  L’objectif est de faire taire les critiques récurrentes sur les conditions de travail souvent déplorables de ces travailleurs étrangers.

« C’est un problème majeur. Le grand nombre et le flux de ces immigrés, ces « travailleurs invités » comme nous les appelons, explique le retard que nous avons pris pour loger correctement une telle population. Nous avons fait une erreur que nous essayons de réparer », explique le ministre du Travail et des Affaires sociales, Abdullah ben Saleh Mubarak Al Khulaifi.

Le ministre a également annoncé que la nouvelle législation du travail sera adoptée avant la fin de l’année y compris l'abrogation du système de la Kalafa. Un dispositif décrié par les organisations de défense des droits humains de défense des droits humains du fait de son caractère rétrograde et répressif.

D’après Nicholas McGeehan, porte-parole de Human Rights Watch pour les pays du Golfe, « ce plan est un pas utile mais le problème majeur du Qatar reste son système, pas le logement ». « Le problème, c'est le mécanisme de contrôle qui accorde un pouvoir exorbitant aux employeurs », ajoute-t-il en faisant allusion à la Kafala.

Une autre annonce a également retenu l’attention des médias internationaux. Afin de pallier les problèmes d’analphabétisation numérique de certains ouvriers, les autorités ont décidé de dispenser une formation en informatique dénommée « Better Connections » à 10.000 ouvriers tous secteurs confondus.

En effet, le ministère du Travail a signé un accord avec plusieurs d'entreprises afin mettre en place des espaces où les ordinateurs seront mis à disposition des travailleurs et de permettre que la formation leur soit dispensée. Celle-ci sera donnée en arabe, anglais, hindi, népalais, et bengali. Le programme «  Better Connections » a été lancé en mai 2014 à l'occasion de la Journée internationale du travail. Elle disposait jusqu’à présent de 25 salles, le ministère a annoncé son expansion à 100.

Même si ces annonces ne régleront pas tous les problèmes, il y a fort à parier qu'elles permettront une amélioration tangible des conditions de vie d'une population qui est longtemps restée marginalisée. De même, dans sa stratégie de la démarcation consistant à s'ériger comme un modèle pour le Golfe, ce train de réformes risque de faire tache d'huile auprès des voisins du Qatar qui devront certainement alléger leurs conditions de sponsorship et améliorer la qualité du logement de leurs travailleurs. La région est donc peut être à la veille d'un changement notoire qui porte en germe les termes d'un nouveau contrat social dont on espère qu'il consacrera une meilleure égalité.

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