000 DV1772396 (photo credit: AFP/Scanpix Denmark/ THOMAS LEKFELDT)

Le 19 juin 2014, soit près de neuf ans après l'affaire des caricatures, le Danemark a inauguré sa première « vraie » mosquée, dans sa capitale, Copenhague. L’édifice a vu le jour grâce à un don d’un montant de 20 millions d’euros offert par l’ancien émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Cette largesse est l’occasion de revenir sur un sujet qui créé régulièrement la polémique en Europe : quelle est la nature de la relation entre l’émirat et la présence des musulmans sur le continent?

reflect-your-respectReflect Your Respect/Qatar

C'est une campagne lancée par la société civile qatarie et qui fait l'objet d'articles de la presse du monde entier. Retour sur une initiative qui demande juste de la décence dans les tenues vestimentaires des expatriées et touristes occidentales.

La société civile qatarie vient de lancer une opération « Idhhar ihtiramak », « Reflète ton respect ». Initiée par un groupe de femmes, cette campagne vise à rappeler les règles de bienséance en matière vestimentaire afin de ne pas brusquer les codes culturels d’une société traditionnelle qui reste attachée à ses valeurs islamiques.

La démarche n’est pas nouvelle. A l’été 2012, une campagne du même genre avait été menée. Dénommée « One of us », elle visait à exprimer l’exaspération d’une partie de la population autochtone qui voyait d’un mauvais œil l’indécence de tenues trop moulantes, transparentes ou trop courtes.

images 810907173123Muhammad ibn al-Dheeb al-AjamiLa Cour de cassation du Qatar a confirmé aujourd’hui la peine de quinze ans d’emprisonnement contre le poète Mohamed Al-Ajmi, surnommé Ibn al-Dhib. C’est l’épilogue d’une affaire judiciaire qui secoue le pays depuis près de deux ans et dont l’impact a dépassé les frontières du petit émirat.

Rappel des faits

En août 2011, alors qu’il est un jeune qatarien passionné de poésie, Al-Ajami enregistre dans un appartement du Caire quelques vers dans une vidéo.

zidane leaderStatue coup de boule de Zinedine Zidane au Qatar / SIPA

Ces derniers jours, les opérations artistiques d'envergure se sont multipliées au Qatar. Jeudi 3 octobre, l'émirat dévoilait au public l'impressionnante statue de cinq mètres représentant le "coup de tête" asséné par Zinedine Zidane sur la poitrine du joueur italien Marco Materrazzi lors de la finale du Mondial de 2006. Œuvre du sculpteur d’origine algérienne Adel Abdessemed, la figure trône désormais sur le front de mer de Doha, au cœur de la Corniche[1].

Asian-workers-cleaning-th-010Yasser Al-Zayyat/AFP/Getty ImagesQatar : l’indispensable amélioration de la condition ouvrière

 

C'est un nouveau scandale qui éclabousse le dossier de l'organisation au Qatar du Mondial 2022. Une enquête du quotidien The Guardian a révélé l'étendue du déni de droit dont sont victimes les ouvriers asiatiques dans l'émirat. La plupart sont employés dans les nombreux chantiers lancés dans la perspective de la Coupe du monde : routes, hôtels, stades, villes nouvelles etc. Devenue un vaste chantier à ciel ouvert, Doha compte plus de deux cents projets immobiliers d'envergure qui emploient des dizaines de milliers de travailleurs. 

Le poète, Al Jazeera, le Qatar et nous

vendredi, 01 mars 2013 01:00

Sans titre 5Mohamed Ibn al Dhib (Youtube)La condamnation en seconde instance du poète qatari Mohamed Ibn al Dhib al Ajami à 15 ans d’emprisonnement a fait l’objet d’une large couverture. Nombreux sont ceux qui s’interrogent, à juste titre, sur les ambivalences d’un régime qui s’érige en porte-voix des aspirations démocratiques dans le monde arabe tout en bâillonnant, à l’intérieur, les voix discordantes. Plusieurs leçons peuvent être tirées de cet épisode qui écorne l’image du Qatar et en dit beaucoup sur la nature du régime et sur le peu de considération que les pays occidentaux accordent au respect des droits de l’homme dans leurs relations avec les pétromonarchies.

Il est avéré qu’il n’y a pas au Qatar le même degré d’expression démocratique que dans d’autres pays du monde. Il y a un certain nombre de tabous révélateurs d’une forme de conservatisme de la société et l’intégrité de la famille royale en fait partie. C'est un sujet auquel il ne faut pas s’attaquer. Cela dit, ces limites ne peuvent être le prétexte à des condamnations abusives. En ce sens, le verdict sur l’affaire du poète est plus qu’une erreur, c’est une faute politique.

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