erdogan tamim turquie qatar 1Crédit : Tunisie focusCela fait désormais plus d’une semaine que la crise du Golfe a débuté et que le Qatar est soumis à un sévère blocus. Au delà de l’actualité immédiate, ce conflit entre monarchies pétrolières doit nous amener à comprendre que le Moyen-Orient est entré dans un nouveau cycle d’alliances qui va durablement recomposer l’équation stratégique régionale.

Disons-le sans ambages : la crise qui traverse la région du Golfe n’est pas passagère. Mûrie depuis longtemps, l’offensive saoudo-émirienne a de grandes chances de monter encore en puissance étant donné la détermination des élites dirigeantes à Riyad et Abou Dhabi de faire plier Doha.

0506 qatar arabie saouditeCredit : euronewsLa crise entre le Qatar et plusieurs pays arabes qui a débuté lundi 5 juin 2017 n’est pas prête de s’éteindre. Etant donné la complexité de la situation, L’observatoire du Qatar vous propose cet article qui permet, en répondant à cinq questions, de comprendre les véritables tenants et aboutissants d’une affaire qui va durablement recomposer l’équation stratégique de la région.

Où en est-on aujourd’hui dans la crise entre le Qatar et ses voisins ?

La situation est très volatile et elle évolue de jour en jour et même d’heure en heure. Mais aujourd’hui, mercredi 7 juin 2017 à midi, voilà ce que l’on peut dire.

Reprise de la guerre froide du Golfe ?

mercredi, 31 mai 2017 09:13

3f37f2c7 a872 4c57 a924 db0793aef1c0Credit : QNALe Qatar a annoncé mardi dans la nuit que son agence de presse  QNA  a été piratée par une entité inconnue et qu’un faux communiqué attribué à l’émir avait été diffusé. Ce dernier affirmait que Tamim ben Hamad al-Thani s'était prononcé sur divers sujets sensibles mettant en cause ses voisins du Golfe. Ces fausses déclarations, immédiatement relayées par des médias saoudiens et émiratis, ont provoqué un tollé dans la région où une guerre médiatique bat son plein.  

Déjà fragiles, les relations entre le Qatar et certains de ses voisins ne sont pas prêtes de s’améliorer. La cause ? Un obscur épisode de piratage de l’agence de presse officielle du Qatar (Qatar News Agency, QNA) au cours duquel certains acteurs foncièrement opposés à la ligne politique de l’émirat gazier se sont engouffrés. Loin d’être anodine, cette affaire démontre combien les relations à l’intérieur du Conseil de coopération du Golfe (CCG) demeurent, malgré les formules de fraternité d’usage, fortement clivées.

qatarbasemilitaireturqueCredit : Middel East Confidential Selon le quotidien turc anglophone Hurriyet Daily News, Ankara et Doha concrétisent la première phase de l’accord signé en décembre 2014 pour l'établissement d'une base militaire permanente turque au Qatar. Six cents soldats et officiers turcs devaient bientôt être transférés dans l’émirat.

La coopération bilatérale entre les deux capitales est sur le point de franchir une étape importante. En effet, la Turquie et le Qatar matérialisent la première phase de l’accord stratégique signé le 19 décembre 2014 à Ankara en vue d'approfondir la coopération militaire, permettant notamment le déploiement de troupes turques sur le sol qatari. Cet accord a ouvert la voie à la prochaine ouverture d’une base militaire permanente qui, selon les médias turcs, sera en mesure d'accueillir à terme un effectif de plusieurs milliers de soldats

 jerusalemCredit : The Telegraph Pour la troisième fois en un an, l’agence onusienne publie un document officiel où elle condamne les agissements de l’Etat hébreu dans la ville sainte. Cette décision a suscité le courroux du gouvernement israélien qui a promis de réduire son financement à l’ONU.

L’Unesco a adopté mardi 3 mai une résolution rejetant la souveraineté israélienne sur une partie de la ville de Jérusalem. C’est la troisième fois en l’espace d’une année que l’agence des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture se prononce en ce sens et réaffirme une disposition du droit international qui ne reconnaît pas l’occupation par Israël des territoires conquis par la force lors de la guerre de 1967. Le texte rappelle notamment « que toutes les mesures (...) prises par Israël, une puissance occupante, qui ont altéré ou visent à altérer le statut de la Ville sainte de Jérusalem sont nulles et non advenues et doivent être annulées. »

ahmedzaidanCredit : Al Jazeera English Le journaliste Ahmad Zaïdan, ancien chef du bureau d'Al Jazeera à Islamabad et actuel producteur exécutif de la chaîne qatarie à Doha, a été placé sur une liste de personnes à abattre  « kill list » par l’administration américaine et ce, en raison de son « appartenance » supposée à un groupe terroriste.  L’Américain Bilal Abdul Kareem qui couvre les combats en Syrie et qui s’est rendu célèbre par ses reportages sur le vif figure également sur la liste.

Les journalistes Ahmad Zaïdan et Bilal Abdul Kareem affirment que leurs noms figurent sur la liste des personnes à abattre par des drones américains, rapporte le journal américain Politico, spécialisé dans l’actualité de la Maison Blanche et la politique étrangère américaine. Sur un message publié sur leur compte twitter respectif, les deux hommes affirment avoir été inclus dans une « kill list » sous le mandat de Barack Obama, mais selon eux, l’actuelle administration n’a pris aucune initiative pour les en exclure.

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