000 TO2UBCredit : AFPLe maréchal Abdel Fettah al-Sissi effectue en ce moment une visite officielle en France. Déjà reçu par Emmanuel Macron, il a des entretiens prévus avec les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Même s’il est logique que la France traite avec l’ensemble des pays du monde, la situation tragique des droits de l’homme en Egypte pose tout de même de sérieuses questions quant au sens de ce déplacement. 

Le déjeuner de travail qu’a offert le président français à son homologue devait permettre, selon les termes de l’Elysée, « d'évoquer les sujets d'intérêts communs comme les crises régionales et la lutte contre le terrorisme, mais également la situation des droits de l'homme à laquelle la France est particulièrement attentive ». On aimerait croire le communiqué de la présidence française mais tout porte à croire que la question des libertés risque d’être le parent pauvre du voyage d’un chef d’Etat qui est arrivé au pouvoir suite à un coup d’Etat militaire.

photo fournie agence WAM montrant prince heritier Abou Dhabi Mohammed Zayed Al Nahyane president egyptien Abdel Fattah Sissi Abou Dhabi 3 2017 0 729 486Credit : La CroixUne campagne mondiale de boycott des Émirats arabes unis va simultanément être lancée dans différentes villes d’Europe occidentale. Débutant le 15 octobre, cette initiative vise à dénoncer les agissements des autorités d’Abou Dhabi considérés comme contraires aux droits de l’homme et menaçant l'équilibre régional.

L’information a été révélée il y a quelques semaines sur Twitter. Très actifs sur ce réseau social, plusieurs activistes du monde arabe ont décidé d’entreprendre une action d’envergure afin de dénoncer les agissements des dirigeants d’Abou Dhabi. En tête de leurs griefs se trouve la responsabilité de l’imposant émirat pétrolier dans ce qu’il est convenu d’appeler « la Contre-révolution » dans le monde arabe.

22195578 354016435037340 2560846778460065409 nCredit : CEMOVendredi 5 octobre, le prestigieux hôtel Meurice à Paris était l’hôte d’un colloque intitulé « Le Qatar et les coulisses des crises du Moyen-Orient ». S’étalant sur toute la journée et disposant d’importants moyens de traduction, l’événement était organisé par une structure totalement inconnue dirigée par un cercle d’activistes d’origine égyptienne.

Depuis la crise ouverte le 5 juin dans la région du Golfe, pas un jour ne passe sans que les puissants lobbies des deux camps ne s’activent pour rallier l’opinion mondiale à leur cause. Cible des efforts des différents protagonistes, l’Occident, et en premier lieu les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, est aujourd’hui le théâtre de l’offensive d’une myriade de boites de conseils et d’entreprises de relations publiques qui tentent d’approcher les élites politico-médiatiques pour leur servir leur vision du conflit. Mais si ce travail de diplomatie parallèle n’est pas l’apanage des pays du Golfe, il prend avec certains acteurs une proportion industrielle et peut, quand il n’est pas mené avec un minimum de prudence, se retourner contre ses propres initiateurs.

DKjrSDIW0AA5PvOCredit : IFRILundi 25 septembre, le chef de la diplomatie qatarie a prononcé un discours à l’IFRI (Institut français des relations internationales) lors d'une conférence intitulée "The Gulf crisis : the view from Doha". Devant une assistance nombreuse, Mohamed ben Abderahmane al-Thani a rappelé avec force les principes qui guident la politique de son pays dans la crise qui l’oppose à ses voisins.

L’événement avait été annoncé quelques jours avant par l’IFRI sur son site internet ainsi que sur les réseaux sociaux. Pour la première fois depuis l’éclatement du conflit qui secoue les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le chef de la diplomatie de l’émirat gazier prenait le temps d’échanger pendant une heure et demi avec des journalistes et intellectuels à Paris. La séance était dirigée par Thierry de Montbrial, président de l'IFRI et membre de l'Académie des Sciences morales et politiques.

Trump US Kuwait 26202.jpg a8fa6 c0 200 4777 2985 s885x516Credit : Washington TimesL'émir du Koweït a débuté une visite officielle aux États-Unis jeudi 7 septembre. Ce déplacement qui s'inscrivait dans le cadre d'un renforcement des relations bilatérales fut l’occasion pour le monarque de tenir des propos qui esquissent un basculement de la position de l’émirat dans la crise qui secoue la région du Golfe depuis plus de trois mois.

Le conflit qui oppose le Qatar à ses voisins est en passe de dépasser les 100 jours et tout porte à croire qu’il risque de s’installer dans la durée. Du côté des pays du blocus, la sensation d’avoir perdu la bataille de l’image et de faire face à une résistance aussi coriace qu’inattendue n’a fait qu'enflammer les esprits. Preuve de cette tension, une récente chanson où de grands noms de la scène musicale saoudienne et irakienne est devenue virale du fait des menaces à l’encontre du Qatar qu’elle contenait.

1403 birmanie rohingyas 01Credit : ArteAlors que la situation des Rohingyas continue à s'aggraver, la Turquie et le Qatar font partie des seuls pays musulmans qui sont montés au créneau pour dénoncer le calvaire que vit cette minorité musulmane. De son côté, l'Arabie Saoudite qui continue de se présenter comme la gardienne des Lieux Saints et la dépositaire du message de l'islam, se mure dans un silence que de nombreux musulmans à travers le monde condamnent.

Le drame que connaît la population Rohingya en Birmanie date depuis de nombreuses années. Mais ces derniers jours, la situation de cette minorité a connu une grave détérioration. Des dizaines de milliers de civils ont ainsi été contraints à quitter leurs domiciles et à se réfugier dans des camps de fortune à l'intérieur du pays ou au Bangladesh, pays voisin. L'armée ainsi que des moines extrémistes bouddhistes multiplient les exactions à l'encontre de cette population que l'ONU a qualifiée en 2013 de « minorité la plus persécutée de la planète ».

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