tamimhamadCredit : Onaeg.comLa transition politique que s’apprête à connaître le Qatar, même si elle ne touche pas aux équilibres ni aux fondements du régime, n’est pas dépourvue d’intérêt. Pour la première fois dans l’histoire récente de la région du Golfe, un monarque quitterait le pouvoir de plein gré pour le transmettre à son fils. Si elle venait à se confirmer, cette transition peut s’expliquer par la conjugaison de plusieurs facteurs.

Le premier est l’état de santé de l’émir. Agé de 61 ans, Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani n’a plus cette fougue qui était la sienne lorsqu’il est arrivé au pouvoir en juin 1995. Affaibli par un diabète et une insuffisance rénale, il a subi en 2010 une cure de jouvence qui lui a fait perdre près de 40 kilos. Avec une santé fragile, il sent peut-être le moment de passer le relais. Ce souhait de céder la place est aussi motivé par le sentiment que, après dix-huit ans de règne, l’idée du travail accompli est largement partagée. De micro-Etat anonyme, le Qatar s’est transformé en un acteur qui joue dans la cour des grands.

Les accusations se multiplient autour du potentiel soutien du Qatar aux groupes jihadistes du Nord-Mali. Après les révélations du Canard enchaîné, c’est au tour de la sénatrice communiste Michelle Demessine, rejointe par Marine Le Pen, d’incriminer Doha.
Devant les nombreuses zones d’ombre que cette affaire suscite, il est nécessaire de rappeler quelques points essentiels et de mettre en évidence quel est le degré et la nature de l’implication du petit émirat dans la région.

Un membre des forces de sécurité du Hamas roule sur une route bordée de drapeaux palestiniens et gazaouis, le 22 octobre 2012 à Khan Younès (Saïd Khatib/AFP)L’émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, débute une visite officielle dans la bande de Gaza à partir de ce mardi. Première visite au plus haut niveau depuis le blocus imposé après la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier 2006, cet événement met autant en évidence la recomposition du champ politique palestinien que l’implication du petit émirat dans l’équation stratégique du Moyen-Orient.

Contrairement à ce qu’ont relaté de nombreux médias français et étrangers, ce n’est pas la première fois qu’un chef d’Etat arabe se rend dans la bande de Gaza depuis l’occupation de ce bout de terre par Israël en 1967. En 1999, ce territoire avait déjà reçu la visite d’un leader arabe. Il s’agissait déjà de… l’émir du Qatar.

La crise syrienne s’enlise. Après plus de dix-huit mois de révolte et alors que les exactions se multiplient, le régime ne s’est pas effondré et semble, malgré de sérieux revers, être en mesure de se maintenir pour un moment.

Caisse de résonance d’un conflit qui prend une dimension régionale, le théâtre syrien voit s’affronter un régime à bout de souffle soutenu par l’Iran, la Russie et la Chine et une population dont la contestation a progressivement pris, après des mois de protestation pacifique, une tournure militaire.
Dans le chaos qui règne aujourd’hui, le rôle de certaines « pétromonarchies », particulièrement du Qatar, interroge et inquiète certains observateurs. Il nous paraît donc opportun de mettre ici en évidence les contours de la stratégie qatarie dans une crise qui révèle les lignes de faille d’un Moyen-Orient où l’enjeu confessionnel devient malheureusement dominant.

Le petit émirat du Golfe fait encore parler de lui. Sa chaîne Al Jazeera, l’organisation de la Coupe du monde de foot... et aujourd’hui, pays arabe en pointe au sein de la coalition qui bombarde les forces pro-Kadhafi. Quatre avions qataris devraient en effet se joindre à l’opération « Aube de l’Odyssée ».
Cette information, confirmée dimanche après-midi par la chaîne Al Jazeera, est d’une importance capitale pour les Occidentaux car une participation militaire des forces qataries prouvera le caractère pluriel de la coalition. Elle permettra aussi de désamorcer les critiques qui font de ces frappes une nouvelle guerre de l’Occident contre le monde musulman, rhétorique abondamment utilisée par le dictateur libyen.
Trois observations peuvent être retenues pour expliquer les ressorts de cette diplomatie qatarie qui se démarque de celle des autres pays arabes.

Le Qatar investit en banlieue : la faute à qui ?

vendredi, 16 décembre 2011 01:00

1512-sarkozy-qatarNicolas Sarkozy et l’émir du Qatar, Hamad bin Khalifa al-Thani, à Paris, le 13 juillet 2008 (Charles Platiau/Reuters)Ils étaient neuf. Neuf conseillers municipaux originaires de diverses villes de France à être reçus comme des chefs d’Etats par l’émir du Qatar le mois dernier. Leur séjour d’une semaine, financé et piloté depuis l’ambassade du Qatar en France, aura marqué ces élus de la diversité.
Leur objectif : développer des relations, notamment économiques, avec l’émirat à la richesse insolente pour venir en aide à des projets portés par des jeunes des banlieues françaises, trop souvent victimes de discriminations et de difficultés en tout genre.
Habitué de la diplomatie du carnet de chèques, le Qatar les a comblés : l’ambassadeur vient d’annoncer la création d’un fonds d’investissement de 50 millions d’euros précisant même que ce dernier « peut être augmenté »…

Page 18 sur 18